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Dominique GAUVRIT « BRUICOLEUR-POLYSONNEUR »

Si je vous racontais qu' Euterpe s'est penchée sur mon berceau à ma naissance, que ma mère tricotait  à la lueur d'une lampe à pétrole en chantant des chansons traditionnelles ou encore que mon père nous jouait du violon au cours des longues veillées d'hiver, ce serait romantique mais ça paraîtrait trop joli pour être vrai. Vous dire que je me suis entièrement fait tout seul serait également une contre vérité. Non, comme tout le monde, je suis à la fois imprégné de ce que j'ai vécu dans mon enfance et de ce que j'ai appris tout seul.
Résumer ce que l'on est et comment on y est arrivé en une page est une vraie gageure ; aussi, à défaut de vous présenter l'entièreté de mon C.V., ce qui serait  totalement décalé et parfaitement imbuvable, je vous donne quelques étapes de mon parcours dont vous déduirez ce que vous pourrez, en admettant qu'il faille en déduire quelque chose.
A la Libération mon père a joué de l'harmonica pour faire danser sur la place du village, c'est ce jour là qu'il a commencé à fréquenter officiellement ma mère. Comme il avait décidé de quitter la ferme familiale, ils  sont partis tous les deux travailler « dans la godasse » vers Cholet. En 1948, Suzanne est revenue faire son petit au pays, dans un minuscule bourg du Nord-ouest vendéen. Autant de fois que c'était possible, parce que la vie était difficile et malsaine en ville, ils m 'envoyaient en vacances chez les grands-parents. J'allais garder les vaches pendant toutes les vacances « seul », avec la chienne Gitane, un couteau de poche, un bâton… et les oiseaux.
1962 à 1971, passage dans "l'autre monde" : école primaire, secondaire, apprentissage  en  sérigraphie, …  rien de bien passionnant !                                                                                   
1971, retour au "paysage". Enquêtes dans la famille, le voisinage, le cousinage...
En 1976,  je rencontre Firmin POUPIN, ménétrier de Chantonnay  qui deviendra mon maître. Je décide de m'acheter mon premier violon  (150 F). Je suis allé voir  beaucoup d'autres violoneux du Nord-est de la Vendée par la suite. Dans la même période, avec quelques copains, nous fondons l'association «ARANTELE»  (défense et promotion de la langue poitevine).
Pendant les vacances scolaires 1978, mon cousin Bernard, dit « Caquet » part en Europe centrale, je lui emprunte son accordéon 2915 Honner.
Dans l'année 1981, Michel GAUTIER et moi,  co-signons un bouquin qui est le résultat de quelques années d'enquêtes ethnographiques, « Une autre Vendée ». Dans la foulée, je m'achète une cornemuse poitevine. J'avais  toujours rêvé de jouer de la cornemuse. C'est peut être parce qu'étant petit, une fois, mon père m'a emmené voir un match de foot et que j'ai entendu des écossais jouer pendant la mi-temps, ça m'a marqué, sûrement. Ou bien alors c'est parce qu' à la même époque, je suis allé en colonie de vacances dans le Cantal avec l' «UFOVAL» et qu'un Dimanche, on nous a emmené à Chaudes Aigues ; sur la place de la célèbre fontaine fumante où un couple cabrette - accordéon sonnait.
En 1982, je vais jouer avec d'autres musiciens et danseurs au festival mondial de folklore de Drummondville au Québec. En revenant nous enregistrons notre premier disque de musique traditionnelle, «Ecllerzie» (
l'aube). C'est cette année là aussi que je suis embauché par l' Union Poitou Charentes pour la Culture Populaire (UPCP) pour mettre en place et animer  une «Maison de la Culture Populaire» à La Roche sur Yon. J'y suis resté 14 ans, ça existe toujours.
A la fin des années 80, un lien important s'est fait entre ce que j'avais appris à l'école des buissons et ma pratique de la musique traditionnelle. C'est donc progressivement et naturellement que je me suis mis à faire
« de la vraie musique avec de faux instruments ». Avec Olivier GAUTIER d'abord, nous avons monté un spectacle « Drigall pi Ramasse Bourrié » (bazar et pelle à poussière) que nous avons joué un peu partout, plus de 400 fois en 6 ans (de 90 à 96).
Depuis, fort du succès du premier, en partant de la même idée (recyclage, détournements, instruments bricolés et musiques traditionnelles) nous en avons  monté un autre, « Bruicolage & Polyson »  (96 à 03) avec David COUSINEAU, lui aussi poly-instrumentiste. Nous avons bien dû le jouer au moins  500 fois un peu partout en France et en Europe et un peu au Québec où, par exemple, nous avons été invité au « Carrefour Mondial de l'Accordéon ».  Puis j'ai essayé de jouer avec un vrai instrument, ce fut « Décale Sons » avec  Emmanuel Ferjou cette fois, jeune et talentueux accordéoniste de Parthenay (79).
Enfin, l'aventure continue avec le dernier né (Nov. 2003)
« la Pianiste et le Bruicoleur ».